Par TwogFr 20/10/2016

Prendre du recul | 1 – Le Cosmos

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Prendre du recul sur le rythme effréné des choses pour approfondir un sujet : c’est le pari de cette chronique. Aujourd’hui : le Cosmos.

Quand l’actualité donne envie de se réfugier au fond d’une caverne. Quand le brouhaha constant attise le désir de se boucher les oreilles, quand l’horizon n’est plus rempli que d’éoliennes, moulins à vent modernes qu’il est vain de combattre, quand la querelle se fait permanente et que le laid devient la norme…

C’est qu’il est temps de prendre un peu de recul.

Non, que dis-je, beaucoup de recul. Énormément de recul.

Rester le nez sur une œuvre d’art n’est souvent pas le meilleur moyen de la contempler dans toute sa splendeur. Pour en prendre la mesure, l’œil doit pouvoir, au moins une fois, la jauger dans sa globalité. Réaliser son étendue, la voir comme un tout. Le prisme de l’actualité nous enferme dans une illusion déformée, et seule une certaine prise de distance effectuée avec le bon angle nous permet de distinguer l’anamorphose qui s’y cachait.

Passons aux actes !

Et prenons le plus de recul qu’il soit possible de prendre pour observer le monde qui nous entoure de la façon la plus complète que la Science nous ait offerte : toiser le Cosmos.

Pour pouvoir s’émerveiller librement, rien de tel que la plus absolue de toutes les choses.

Pour pouvoir tendre l’oreille sans crainte, rien de tel que le silence le plus absolu.

Pour pouvoir ouvrir les yeux sereinement, rien de tel que le noir le plus pur.

Pour cela, le Cosmos est idéal. Aujourd’hui, le terme Cosmos se définit par certains astrophysiciens comme une sphère centrée sur nous, de tout ce nous pouvons observer de l’Univers. Il est également appelé « Univers observable ». Jadis, les Grecs définissaient le Cosmos (κόσμος) comme l’Univers lui-même, c’est-à-dire tout : le ciel, les astres, littéralement l’ordre du Monde.

Cette jeune fille a bien compris le principe.

Est-ce le fait du hasard ? L’arrangement harmonieux qui définit le mot Cosmos chez les Grecs anciens a également désigné le mot parure, dont un des dérivés est « cosmétique » en français moderne.

Au centre du Cosmos

Le Cosmos est donc une sphère qui nous entoure, dont nous sommes, chacun d’entre nous, à tout moment, le centre. Attention ! nous ne sommes pas au centre de l’Univers : nous sommes au centre de l’Univers observable. L’Univers est probablement bien plus immense que ne l’est le Cosmos. Comme vous le savez très certainement, la lumière a, dans le vide, une vitesse finie, qui est très exactement de 299 792 458 mètres par seconde.

Depuis les observations d’Edwin Hubble dans les années 20, nous savons que l’Univers est en expansion. Depuis les observations de Saul Perlmutter en 1998, nous savons même que cette expansion s’accélère. Ainsi, la sphère que constitue l’Univers observable n’a pas un rayon de 13,8 milliards d’années-lumière comme on pourrait s’y attendre, puisque le Big Bang a eu lieu il y a 13,8 milliards d’années. En effet, la lumière émise il y a 13,8 milliards d’années l’ayant été par des objets qui se sont depuis éloignés de nous à cause de l’expansion de l’Univers, le rayon de la sphère qui constitue le Cosmos, l’Univers observable, a été calculé à 41,4 milliard d’années-lumière, soit environ 391 674 milliards de milliards de kilomètres.

Nous pouvons donc contempler, tout autour de nous, un immense espace aux dimensions dépassant l’entendement. Mais nous savons que cet espace est encore bien, bien plus grand que ce que nous pouvons observer. Il faut donc bien s’accrocher à notre petit caillou au milieu de cet espace extraordinaire pour ne pas perdre prise, pour ne pas faire naufrage, emporté par le vertige que ces immensités pourraient nous inspirer.

Pourtant, dans le Cosmos, tout est démesure. Dans cette sphère de 41,4 milliards d’années de rayon, des forces incroyablement destructrices engloutissent des étoiles géantes, des vides titanesques séparent des galaxies par milliards. Notre petit caillou que nous nommons la Terre semble bien frêle face à un Univers aussi hostile, puissant et cataclysmique. Là où les Grecs anciens pensaient une dichotomie entre un Cosmos harmonique et une Terre chaotique, les scientifiques et leurs découvertes dépeignent désormais un Univers qui est les deux à la fois, harmonique et chaotique, infiniment calme et infiniment agité, fondamentalement beau et radicalement effrayant.

Face à cela, nous ne pouvons que contempler.

Par une nuit d’été, à l’abri de toutes les lumières parasites du monde moderne, nous pouvons fixer la voûte céleste et nous perdre dans son immensité, et laisser vagabonder notre esprit au fil de la Voie Lactée, afin d’en saisir la mesure, ou du mois essayer. Après tout, que peut-il nous arriver de pire que de laisser nos rêves s’imprégner de la splendeur des immensités.

 

Si vous êtes arrivé ici, c’est que ce sujet vous intéresse.

Alors voici quelques comptes qui pourraient vous plaire.

Pour commencer, on vous propose de redécouvrir une splendide tweetstory de Thomas Gicarpe sur le télescope spatial Hubble.

tweetstory hubble tootow espace étoiles télescope

On aime Sébastien Carassou, doctorant en astrophysique et animateur de la chaîne Youtube “Le Sense of Wonder“, un véritable bijou au grand inconvénient de ne proposer que très rarement de nouvelles mais néanmoins géniales vidéos. Sébastien partage régulièrement sur son compte Twitter l’actualité de l’espace et de la Terre et de plein d’autres choses aussi.

La transition est bonne car on vous conseille aussi La Méthode Scientifique. La nouvelle émission quotidienne de France Culture présentée par Nicolas Martin a un compte Twitter extrêmement bien mis à jour, de manière passionnée. On retrouve énormément d’informations et de liens qui raviront les amateurs de sciences et d’espace.

On continue avec Aurélien Barrau, astrophysicien de renommée internationale, spécialiste des trous noirs et de cosmologie, mais également philosophe. Aurélien Barrau est aussi un très grand vulgarisateur.

Est-il utile de présenter Florence Porcel, la community manager officielle de l’Univers ? Elle nous a fait le plaisir de répondre à nos questions lors d’une interview il y a quelques temps (cliquer sur l’image ci-dessous). Elle anime une chaîne Youtube et toute une série de comptes Twitter où les astres et les choses de l’Univers discutent entre-eux. Ah d’ailleurs, Florence sort un livre !


Interview_FlorencePorcel

Ensuite, Hervé Cottin est spécialiste d’exobiologie et d’astrochimie, un domaine que l’on abordera une prochaine fois. Il intervient régulièrement dans l’émission scientifique de France Inter, la Tête au Carré de Mathieu Vidard.

Pour finir, David Fossé est journaliste scientifique. Il est notamment rédacteur en chef adjoint à Ciel et Espace. Un compte indispensable si vous voulez être au courant de toutes les nouveautés scientifiques du moment !

Conclusion

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